L’autisme en bref

L’autisme est difficile à résumer en quelques mots. Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un trouble « neuro développemental » appelé : « trouble du spectre de l’autisme ou TSA ».

Les trois principales caractéristiques des TSA sont les suivantes :

1 – Des difficultés au niveau de la communication sociale : Certaines personnes autistes ne développent pas de langage verbal, d’autres le développent mais présentent quand même de la difficulté dans les échanges sociaux. Le langage non verbal est mal décodé : une mimique, un signe de la main, une expression, peuvent ne pas du tout être compris. Tout cela rend parfois la communication compliquée.

2 – Des intérêts atypiques et des gestes répétitifs : Les personnes autistes ont généralement des intérêts très marqués dans un domaine ou pour un sujet spécifique. Ces intérêts sont souvent envahissants, ce qui peut conduire la personne à être très performante dans un domaine mais à délaisser d’autres aspects de son existence. Les personnes autistes ont souvent des gestes répétitifs, surtout dans l’enfance. Ils agitent les mains, sautillent, font les cent pas, etc. Ces gestes font partie de leur développement et les aident à réguler leurs émotions.

3 – Des particularités sensorielles : Certaines personnes autistes ne supportent pas qu’on les touche, d’autres sont sélectives dans leur alimentation ou sont dérangées par certains bruits, par exemple la pluie qui tombe, ou certaines textures, comme le Jeans, etc. Ces particularités sensorielles varient beaucoup d’une personne à l’autre, et même d’un moment à l’autre.

On ne guérit pas de l’autisme

On ne guérit pas de l’autisme, cependant les enfants peuvent progresser de manière remarquable surtout lorsqu’ils sont diagnostiqués dès leur plus jeune âge et qu’ils bénéficient d’une intervention précoce adaptée. L’autisme concerne 1 personne sur 100. Des études récentes aux Etats-Unis parlent même d’une personne sur 66. Cet accroissement ne s’explique pas uniquement par l’amélioration de la détection. Des causes environnementales, virus, pollution, alimentation…, sont désormais suspectées. Les personnes autistes ne ressentent pas forcément leur différence comme quelque chose qu’elles voudraient changer. La méconnaissance de ce trouble induit une certaine discrimination et un regard sociétal négatif. C’est ce regard qui les fait beaucoup souffrir, c’est pourquoi nous souhaitons parvenir progressivement à le modifier !

De la psychanalyse à un accompagnement éducatif adapté

Encore trop souvent qualifié de maladie psychique, objet de nombreux préjugés, l’autisme a longtemps été traité par la psychiatrie, sans avancées notoires. Les connaissances ont progressé ces 50 dernières années et l’accompagnement a fort heureusement beaucoup changé, sauf dans les régions où l’emprise de la psychanalyse était très forte notamment en Suisse romande. Toutefois face à l’évidence scientifique, les pratiques ont commencé à évoluer y compris dans nos régions. On sait par exemple aujourd’hui qu’un accompagnement éducatif spécifique précoce — idéalement avant l’âge de deux ans — permet de développer significativement le potentiel propre à chaque enfant autiste. La détection précoce de l’autisme est donc très importante — idéalement avant l’âge de deux ans — suivie d’un accompagnement éducatif spécifique permet de développer significativement le potentiel propre à chaque enfant autiste.

L’autisme à Genève, un point de situation

Bien que le canton de Genève fasse figure de pionnier en Suisse puisqu’il est parmi les premiers cantons à avoir ouvert des centres d’intervention précoce en autisme, la situation reste préoccupante. Le nombre de places dans ces centres est encore insuffisant. Par ailleurs, le canton de Genève a beaucoup de retard dans le domaine de l’inclusion scolaire, sociale et professionnelle. Malgré quelques initiatives du DIP, la grande majorité des élèves autistes fréquentent toujours des institutions spécialisées, au sortir desquelles il n’existe pas de possibilités de formation professionnelle ailleurs que dans des ateliers protégés. Cette exclusion du système ordinaire marginalise les personnes autistes et les empêche de développer normalement leurs compétences sociales au contact de la société : école, loisirs, travail. C’est bien dommage, car ce sont  précisément ces compétences  que les personnes autistes devraient pouvoir développer dès la petite enfance !

L’autisme expliqué par une personne autiste

Beaucoup de préjugés circulent à propos de l’autisme. Il est vrai qu’il est difficile de se faire une idée précise sur toutes les nuances de l’autisme, particulièrement pour les non-autistes. Afin de changer cette perception, nous vous invitions à prendre connaissance du point de vue d’une personne autiste.